Les manifestations contre les réformes de l’enseignement ont mobilisé ces dernières semaines des milliers d’enseignants, d’étudiants et de jeunes à travers la Fédération Wallonie-Bruxelles. Cette mobilisation exceptionnelle témoigne d’une inquiétude profonde face aux choix posés par la majorité MR-Les Engagés pour l’avenir de notre école.
Si certains débordements et dégradations de l’espace public doivent être condamnés avec la plus grande fermeté, de nombreuses questions ont également émergé concernant les conditions d’intervention des forces de l’ordre à l’égard de jeunes manifestants, parfois mineurs. Des témoignages, des images et des reportages ont nourri un débat public légitime sur le respect des droits fondamentaux des jeunes dans l’exercice de leur liberté d’expression et de manifestation.
Une enquête a été ouverte afin de faire la lumière sur certains faits rapportés. Il appartiendra à la justice et aux instances compétentes d’établir les responsabilités éventuelles. Le rôle du Parlement est différent : il consiste à écouter, comprendre et tirer les enseignements nécessaires pour l’avenir.
C’est pourquoi lib.res a demandé au Président de la Commission de l’Enfance, de la Jeunesse, de l’Aide à la jeunesse, des Maisons de justice, de la Santé, des Droits des femmes et de l’Égalité des chances l’organisation d’auditions parlementaires consacrées à ces événements.
Nous souhaitons que la commission puisse entendre des jeunes ayant participé aux manifestations, des organisations de jeunesse, des observateurs de terrain, des journalistes et créateurs de contenu ayant documenté les faits, le Délégué général aux droits de l’enfant, ainsi que les autorités locales et policières concernées.
L’objectif n’est ni de mener un procès politique, ni de se substituer à l’enquête en cours. Il est de permettre au Parlement d’exercer pleinement sa mission démocratique en donnant la parole à l’ensemble des acteurs concernés et en évaluant les améliorations qui pourraient être apportées à l’encadrement des manifestations impliquant des jeunes.
Une démocratie forte n’a pas peur de sa jeunesse. Elle l’écoute.
Lorsque des milliers de jeunes descendent dans la rue pour défendre leur vision de l’école et de leur avenir, leur engagement mérite d’être entendu. Lorsqu’ils dénoncent des comportements qu’ils estiment contraires à leurs droits, leurs témoignages méritent également d’être examinés avec sérieux et impartialité.
À l’heure où la confiance dans les institutions démocratiques est mise à l’épreuve, il est essentiel que le Parlement soit un lieu d’écoute, de dialogue et de recherche de solutions. Entendre la jeunesse, entendre les associations, entendre les autorités et les forces de l’ordre : telle est la condition pour établir les faits, dépasser les polémiques et construire des recommandations utiles pour l’avenir.
Parce qu’une société qui refuse d’écouter sa jeunesse prend le risque de ne plus être entendue par elle.
