Repas scolaires : nos alertes se confirment, des enfants n’ont rien à manger à midi

La fin du financement spécifique des repas scolaires frappe les enfants les plus fragilisés. Les constats rapportés par la Ligue des familles sont alarmants. Je demande au gouvernement MR–Engagés de rétablir un financement suffisant et réservé aux repas scolaires.

Lors des débats budgétaires, avec Lib.res, nous avions alerté le gouvernement : supprimer la gratuité des repas scolaires risquait de priver des enfants d’un repas essentiel. Aujourd’hui, les témoignages recueillis sur le terrain donnent corps à ces avertissements.

Selon l’enquête de la Ligue des familles relayée dans la presse, l’accès aux repas chauds a chuté de 68 % dans les écoles défavorisées interrogées. Des parents retirent leurs enfants de la cantine parce qu’ils ne peuvent plus payer. Mais renoncer au repas chaud ne leur donne pas davantage de moyens pour remplir une boîte à tartines.

Près d’une direction interrogée sur deux constate que des enfants arrivent à l’école sans avoir mangé le matin. Et 43 % signalent des élèves qui n’ont rien à manger à midi. Ces chiffres décrivent les constats des directions participantes : ils ne représentent pas la proportion de tous les enfants concernés. Ils constituent néanmoins une alerte majeure.

Des millions annoncés, un financement dilué

Auparavant, une enveloppe de 21,4 millions d’euros était spécifiquement consacrée aux repas scolaires. Le gouvernement a supprimé ce dispositif et annoncé transférer 14 millions d’euros vers les moyens de l’encadrement différencié.

Présenter ce transfert comme un financement garanti pour les repas masque une réalité essentielle : ces moyens doivent aussi financer le soutien pédagogique, le matériel et d’autres besoins des élèves.

La Ligue des familles relève en outre que, selon son analyse des tableaux budgétaires, l’augmentation nette des moyens disponibles atteint seulement 8,2 millions d’euros. Ceux-ci sont répartis entre davantage d’établissements : environ 760, contre 429 dans l’ancien dispositif.

Les écoles se retrouvent donc devant des arbitrages intenables. Pour maintenir les repas, elles doivent rogner sur d’autres aides indispensables. Pour préserver ces aides, elles doivent faire payer les familles ou réduire le service de restauration.

Selon les calculs de la Ligue des familles, à besoins inchangés pour les autres aides, le financement disponible tombe en moyenne à 43 centimes par repas.

43 centimes : voilà ce qu’il reste pour contribuer à un repas dont certains enfants ont absolument besoin.

La faim compromet aussi les apprentissages

Un repas à l’école participe à la santé, au bien-être et aux conditions d’apprentissage. Un enfant qui a faim doit suivre les mêmes cours, fournir les mêmes efforts et répondre aux mêmes exigences que ses camarades.

Comment prétendre viser l’excellence tout en fragilisant les conditions les plus élémentaires de la réussite scolaire ?

Les conséquences touchent également les équipes éducatives, confrontées aux enfants sans nourriture, et les services de restauration, dont la baisse de fréquentation menace l’équilibre financier. Certaines écoles risquent ainsi de perdre un service qu’il sera difficile de reconstruire.

Rétablir un financement spécifique et suffisant

Avec Lib.res, je demande le rétablissement d’un financement spécifiquement réservé aux repas scolaires dans les écoles accueillant les publics les plus fragilisés. Nourrir les enfants et soutenir leurs apprentissages sont deux responsabilités qui doivent être assumées ensemble.

Je demande également au gouvernement de préciser les moyens réellement disponibles et d’apporter une réponse immédiate aux écoles qui signalent des enfants privés de repas.

Chaque journée compte. Les enfants qui ont faim aujourd’hui ne peuvent pas attendre le prochain arbitrage budgétaire.

Garantir à un enfant de quoi manger à l’école traduit un choix de société. Le gouvernement doit prendre ses responsabilités.